Hien Agnès Sontie, une sage-femme engagée au service des mamans.

Sage-femme de formation, Agnès Sontie a fondé l’École des Mamans, une clinique pas comme les autres à Ouagadougou. Inspirée par une expérience vécue au Maroc, elle milite pour une approche plus humaine, moderne et personnalisée de la maternité.

L'Ecole des mamans

C’est en 2009, lors d’un stage dans une maternité marocaine, qu’Hien Agnès Sontie a eu une révélation. Elle y découvre des séances collectives où femmes enceintes et belles-mères assistent ensemble à des cours animés par des sages-femmes, suivis d’exercices physiques. On lui explique qu’il s’agit d’un programme de préparation à l’accouchement visant à réduire les complications et la mortalité maternelle. Impressionnée par les résultats, elle se fait la promesse : « Une fois rentrée chez moi, j’essaierai de faire la même chose. »

Bien avant ce voyage, Agnès Sontie nourrissait déjà une curiosité pour le métier de sage-femme. « On me disait toujours : le jour de ton accouchement, tu vas voir ! Alors je me suis dit : si je devenais sage-femme, je saurais à quoi m’attendre. » Elle réussit le concours – le seul qu’elle ait passé – et met son projet entre parenthèses pendant plus de sept ans, le temps de se former.

De retour au Burkina Faso en 2017, elle relance son idée. Chaque jeudi – jour de sa naissance – elle offre deux heures de préparation gratuite à l’hôpital Yalgado : « Je suis née un jeudi, alors j’ai choisi d’en faire un jour de don. » L’initiative rencontre un succès grandissant, et en 2021, elle fonde officiellement la clinique de l’École des Mamans.

Le centre propose un suivi complet de la grossesse, l’accouchement, le post-partum, la rééducation du périnée, mais aussi des séances de préparation physique : yoga prénatal, aquagym, danse, aérobic… L’accompagnement y est à la fois médical et humain. Le suivi est personnalisé, et la présence du conjoint en salle d’accouchement est même encouragée pour soutenir la future maman.

Mais les obstacles n’ont pas manqué. Beaucoup perçoivent encore son approche comme une idée « importée » ou inutile. « On me dit souvent : nos mères ont accouché sans tout ça. Mais nos vies sont plus sédentaires aujourd’hui, les réalités ont changé. » Le manque de partenariats constitue aussi un frein au développement de son initiative.

Malgré tout, l’École des Mamans continue de grandir. D’autres centres s’en inspirent. Et Agnès Sontie rêve d’aller plus loin : transformer sa clinique en une véritable maison de naissance, chaleureuse, sécurisée, où les femmes peuvent accoucher dans la dignité, entourées de leurs proches. En parallèle, elle poursuit un Master 2 en informatique médicale et sciences des données, convaincue que la technologie peut aussi améliorer les soins.

Aujourd’hui, elle lance un appel à toutes celles et ceux qui croient en une maternité plus humaine : « J’espère trouver des partenaires pour m’aider à faire grandir ce projet de cœur. Chaque femme mérite d’être bien accompagnée pour donner la vie. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Retour en haut