Fabrice Tapsoba, l’artiste burkinabè qui sublime le portrait par le pointillisme

À seulement 22 ans, Fabrice Tapsoba a transformé sa passion pour le dessin en véritable carrière artistique. Rencontre avec ce jeune talent qui redéfinit l’art du portrait au Burkina Faso grâce à sa maîtrise exceptionnelle du pointillisme.

Illustration d'une œuvre de l'artiste

Un artiste aux multiples talents

Apollinaire Wendkuuni Fabrice Tapsoba, jeune dessinateur originaire de Ouagadougou, ne se contente pas de crayonner. Photographe à ses heures, il intègre cette discipline complémentaire à sa pratique artistique principale, y apportant une sensibilité unique qui fait la singularité de ses œuvres.

Parcours : du sacrifice à la réussite

L’histoire de Fabrice force l’admiration. Issu d’une famille modeste, il a dû quitter prématurément les bancs de l’école pour soutenir financièrement ses proches. “Après ma Première F2, j’ai fait le choix difficile d’arrêter mes études pour aider mes parents et mes frères”, confie-t-il. Mais ce sacrifice n’a pas étouffé sa passion : “Enfant, je reproduisais déjà les personnages de mangas que je voyais à la télévision. Les gens aimaient mes dessins, cela m’a encouragé à persévérer.”

La rigueur comme credo

Son engagement lui a ouvert les portes d’une formation exigeante où seuls trois participants sur dix sont allés au bout. “Beaucoup ont abandonné, découragés par le temps nécessaire pour maîtriser cet art”, explique Fabrice. Une leçon qui forge sa philosophie : “Dans ce métier, il faut de la patience et croire en ce qu’on fait. Les résultats viennent avec le temps.”

Un professionnel reconnu

Aujourd’hui, Fabrice vit de son art. Ses portraits au pointillisme, réalisés sur commande, lui permettent de couvrir l’ensemble de ses besoins. “Les tarifs varient entre 13 000 et 300 000 FCFA selon la complexité”, précise-t-il. Un succès qu’il doit à sa capacité d’adaptation dans un contexte local difficile.

Les défis du métier

Malgré son talent, Fabrice fait face à de nombreux obstacles :

La non-valorisation du métier par le public burkinabè.

La rareté et le coût élevé du matériel artistique comme les stylos feutres ou plumes, difficiles à trouver à Ouagadougou.

“C’est difficile d’avoir les bons outils au Burkina, donc on essaie de faire avec ce qu’on a sous la main et cela impacte souvent le rendu” a-t-il ajouté.

Le manque de reconnaissance malgré des initiatives personnelles, comme offrir des portraits à des personnalités pour gagner en visibilité.

Il confie : « Si tu n’es pas fort, tu vas pleurer », illustrant la force mentale nécessaire pour continuer dans ce domaine.

Une méthode de travail professionnelle

Les commandes arrivent via Facebook ou TikTok, où les clients le contactent avec leurs directives. Après vérification de la qualité de la photo envoyée, Fabrice entame son processus de création, principalement basé sur la technique du pointillisme. Le temps de réalisation varie selon le format, pour le A5, cela prend 5 heures de temps; A4, 12 heures; A3,  3 jours; A2, 7 jours; A1, 1 mois et pour les formats personnalisés, cela va jusqu’à 3 mois.

Une vision artistique ambitieuse

Fabrice ne compte pas s’arrêter là. Il rêve de changer le regard des populations sur le dessin, l’implanter dans la culture collective. Il ambitionne créer un cabinet de dessin d’art, qui serait une référence au Burkina Faso. Voyager sur d’autres continents, pour apprendre de nouvelles techniques artistiques et enrichir sa pratique. Développer un style unique, au-delà du pointillisme, afin de devenir une légende dans le monde artistique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Retour en haut