
Un parcours de vie transformé par l’autisme
Mère de quatre enfants, Yvonne Ouédraogo menait une carrière prometteuse dans le marketing lorsqu’un diagnostic a changé sa vie : son fils cadet, alors âgé de deux ans et demi, était autiste. Une révélation douloureuse, mais aussi le début d’un engagement sans faille pour l’accompagnement des enfants neuroatypiques et de leurs familles.
Un destin professionnel réinventé
Du marketing à la neurodiversité : une reconversion courageuse. Titulaire d’un bac G2 en comptabilité, Yvonne a étudié au Maroc grâce à une bourse avant de revenir au Burkina Faso, où elle s’est épanouie dans le marketing analytique. Pourtant, face aux besoins spécifiques de son fils, elle a choisi de tout repenser.
Le choc du diagnostic
“Il ne répondait pas à son prénom, évitait le regard, ne parlait pas, ne marchait pas…” Les premiers signes avaient alerté Yvonne. Mais c’est lors d’une consultation médicale que le verdict est tombé : “Madame, je soupçonne fortement l’autisme. En 45 minutes, malgré mes tentatives, je n’ai pas réussi à établir d’attention conjointe.”
Plutôt que de subir, elle décide d’agir. Direction le Canada, où elle se forme à la prise en charge des troubles du spectre autistique (TSA), acquérant des méthodes d’accompagnement bienveillantes et inclusives.
Un engagement concret sur le terrain
De retour au Burkina Faso, Yvonne lance des services d’accompagnement adaptés, dont le Camp Vacances “Lueur d’Espoir” un lieu unique où les enfants autistes apprennent, jouent et grandissent aux côtés d’autres enfants.
1ère édition (août 2024) : succès immédiat avec des progrès visibles chez les participants.
2e édition (juillet 2025) : objectif élargi à la sensibilisation et l’intégration sociale.
Une dynamique familiale réinventée
À la maison, chacun a dû s’adapter. “C’est toute une organisation : réveils décalés, routines spécifiques… Même ses frères et sœurs comprennent ses besoins, même si parfois, il faut leur rappeler.”
Combattre les préjugés et faire évoluer les mentalités
Dans un pays où l’autisme reste méconnu, Yvonne affronte les idées reçues : “Certains croient qu’il est mal élevé, d’autres y voient une malédiction…Certains s’aventurent même sur des explications sectaires. Je dois sans cesse expliquer, éduquer.”
Elle admet avoir traversé une phase de culpabilité et de doute, mais aujourd’hui, elle transmet un message d’espoir : “L’autisme n’est pas une fatalité. Avec un accompagnement adapté, ces enfants peuvent s’épanouir.”
Un combat pour une véritable reconnaissance
Au Burkina Faso, aucune statistique officielle n’existe sur l’autisme. Les familles sont souvent livrées à elles-mêmes, faute de structures adaptées.
Son ambition
Créer une école spécialisée pour une prise en charge précoce.
Sensibiliser les pouvoirs publics et les communautés.
Former des enseignants pour qu’ils puissent répondre efficacement à cette réalité.
“Ces enfants ont des talents uniques. Notre devoir est de leur donner les outils pour les révéler.”


Merci à L’Afrique qui ose pour cet article qui reflète avec sensibilité notre réalité. Ce combat est né d’une douleur, mais il est aujourd’hui porté par l’espoir. Chaque enfant autiste a un potentiel unique — et c’est notre devoir, en tant que parents, professionnels ou citoyens, de lui ouvrir la voie. Continuons à bâtir un monde où la différence est une richesse. 💙