
Depuis l’annonce de la mesure gouvernementale rendant le port du casque obligatoire à partir du 1er janvier 2025, les vendeurs de casques de moto de Ouagadougou se sont mis à espérer un rebond de leurs ventes.
Si certains commerçants saluent la décision, d’autres tempèrent leur enthousiasme face aux difficultés économiques et à la situation sécuritaire du pays.
Un petit mieux… mais pas la ruée attendue
Mahamadi Ouédraogo, vendeur de casques depuis quatre ans, accueille la mesure avec satisfaction. “Nous, dans le domaine, avons remarqué un petit changement. Les gens commencent à se conformer petit à petit”, confie-t-il. Toutefois, il déplore que la conjoncture actuelle freine les bonnes intentions : “Avec la vie chère et l’insécurité, les gens n’ont plus la tête, ni les moyens pour acheter des casques.”
Selon lui, certains clients viennent négocier des prix très bas, ce qui pèse sur leurs marges. “Ils veulent acheter, mais ils ne peuvent pas. Ça nous pénalise, mais on comprend. Le marché a tout de même connu une légère amélioration”, relativise-t-il. Mahamadi encourage tout le monde à s’équiper : “Cette loi, c’est pour notre sécurité. Il faut qu’on se protège.”
Des ventes timides malgré la demande
Ousmane Sana, lui aussi vendeur, partage cet avis. “On rend grâce à Dieu, les ventes ont un peu grimpé… mais pas autant qu’on l’aurait souhaité.” Pour lui, le manque de sécurité est en grande partie responsable de cette stagnation. “Les clients viennent se renseigner, on essaie de s’entendre sur le prix, mais beaucoup repartent sans acheter. Ce qu’on gagne dessus n’est pas énorme non plus.”
Avec espoir, il conclut : “Vivement que la paix revienne au Burkina Faso, pour que l’économie reparte et que les choses changent vraiment.”

Un engouement de courte durée
Du côté du grand marché, Boureima Ouédraogo, vendeur de motos et de casques, confirme cette tendance. “Avec la loi, il y a eu un petit boom. Pendant quelques jours, je vendais jusqu’à 10 ou 15 casques par jour. Mais très vite, ça s’est calmé.”
Il explique que l’absence de contrôles réguliers a freiné l’élan des acheteurs. “Les gens ont compris qu’il n’y avait pas de vraie surveillance, alors ils ont arrêté d’acheter. Aujourd’hui, je peux passer deux semaines sans vendre un seul casque, sauf si quelqu’un se fait voler le sien.”


