
Le Nigeria s’apprête à renforcer sa capacité de raffinage avec un nouveau projet d’envergure. La société Backbone Infrastructure Nigeria Limited (BINL) a dévoilé, le 9 juillet, son intention de construire une raffinerie d’une capacité de 500 000 barils par jour (b/p) dans l’État d’Ondo, sur la côte sud-ouest du pays. L’investissement prévu s’élève à 15 milliards de dollars, soit environ 8 374,8 milliards de FCFA.
Le projet, mené en partenariat public-privé avec l’agence de promotion des investissements de l’État d’Ondo (ONDIPA), viendra s’ajouter à la méga-raffinerie de Dangote, actuellement la plus grande du pays avec 650 000 barils/jour. Il s’agira de la deuxième plus importante installation de ce type au Nigeria.
Un complexe industriel dans une zone stratégique
La future raffinerie sera implantée dans la zone franche industrielle Sunshine FTZ, à Ilaje, un emplacement stratégique bénéficiant d’un accès logistique optimal. Le projet sera déployé par phases, la première consistant en une unité de traitement de 100 000 barils/jour, dont la mise en service est attendue dans les quatre prochaines années.
Au-delà de la seule raffinerie, BINL prévoit de développer un vaste écosystème industriel intégré. Ce dernier comprendra notamment des infrastructures routières, des terminaux pétroliers, des réservoirs de stockage et des installations de manutention, afin d’assurer une distribution fluide tant sur le marché local qu’à l’international.
Un projet aux multiples ambitions
Selon Wale Adekola, vice-président de BINL, l’objectif est de faire plus que produire du carburant : “Ce projet ne transformera pas seulement le paysage énergétique de l’État d’Ondo, il renforcera la souveraineté énergétique du Nigeria et servira de catalyseur au développement industriel local”, a-t-il affirmé. La raffinerie fournira également des matières premières aux industries locales et contribuera à faire du Nigeria un acteur majeur de l’exportation de produits raffinés en Afrique.
Vers un accord avec la NNPC
Un protocole d’accord formel devrait être signé le 15 juillet entre BINL et le gouverneur de l’État d’Ondo, Lucky Aiyedatiwa. Des discussions sont également en cours avec la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC) pour une possible participation publique au projet. Une telle collaboration pourrait renforcer la crédibilité politique et financière de l’initiative.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de BINL visant à développer un hub énergétique et industriel intégré au Nigeria. La société prévoit par ailleurs d’investir 4 milliards de dollars dans le secteur minier, toujours à travers des partenariats public-privé.
Malgré l’enthousiasme suscité, certains analystes appellent à la prudence. La réussite de cette nouvelle raffinerie dépendra fortement du bouclage financier, de la stabilité du cadre réglementaire et du respect du calendrier. L’expérience récente de la raffinerie Dangote, dont l’entrée en service a été longuement retardée, illustre les défis auxquels sont confrontés les grands projets énergétiques dans le pays.
Source: SIKA Finance


