
Le 2 mai 2025, le Conseil des ministres a adopté une mesure instaurant une immersion patriotique obligatoire pour les élèves admis aux examens scolaires.
Selon le ministre en charge de l’Éducation nationale, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, « cette immersion vise à forger un modèle de citoyen patriote, capable de contribuer positivement à la vie de la Nation. Elle s’inscrit dans le cadre du processus de refondation de la société burkinabè, du développement national et du renforcement de la fibre patriotique ».

Une décision qui suscite des réactions contrastées au sein de la population
Un retour aux valeurs fondatrices
Pour Samuel Soudré, parent d’élève, la mesure est à saluer :
« C’est une bonne initiative, car elle inculque aux élèves des valeurs patriotiques et de dignité, qu’ils garderont en mémoire tout au long de leur parcours. Cela me rappelle l’époque de Thomas Sankara, avec les services civiques comme le SND et les CDR, où les fonctionnaires suivaient des formations militaires. Ce sont des valeurs que nous aurions dû transmettre depuis longtemps. En tant que parent, je n’y vois aucun inconvénient. Ce sont des principes que nos enfants, en tant que futurs dirigeants, doivent adopter dès maintenant. »

Une jeunesse mieux préparée à ses responsabilités
Nikièma Émile, élève en classe de 3e, abonde dans le même sens :
« L’immersion patriotique est une bonne chose. Elle va nous aider à devenir de bons citoyens, respectueux des lois et des institutions, et à développer l’amour du pays pour mieux contribuer à son développement. »
Kigui Zanté, professeur certifié dans la commune de Sabou, voit dans cette initiative un levier pour former une jeunesse complète :
« Ce que les élèves apprennent en classe doit être soutenu par une éducation au civisme et au patriotisme. Cette décision permettra de développer chez eux le sentiment d’appartenance à une nation qu’ils doivent aimer, protéger et servir. Elle encouragera le respect des règles, des institutions, et la prise de responsabilité dans la gestion des biens publics. »
Selon lui, trois points sont à retenir :
-Le renforcement du sentiment national et de l’engagement citoyen.
-Le respect accru des lois et des autorités.
-La responsabilisation des jeunes quant à la préservation des biens collectifs.
« Il s’agit de former des citoyens complets, capables de mettre la patrie au centre de leurs préoccupations, que ce soit dans leur vie professionnelle ou dans le respect des normes sociales », conclut-il.
Des voix discordantes
Cependant, tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Moussa Ouédraogo, étudiant à l’Université Joseph Ki-Zerbo, se montre critique :
« Il y a des priorités plus urgentes. Actuellement, la majorité des ressources du pays sont orientées vers l’effort de guerre. Avec la crise économique et l’insécurité, le gouvernement devrait d’abord s’attaquer à la cherté de la vie et à la lutte contre le terrorisme. »
Il ajoute :
« Cette immersion va concerner un grand nombre d’élèves, mais qui va en assurer la prise en charge ? Ce n’est pas une demande des parents, c’est une décision de l’État. Le gouvernement doit donc assumer toutes les responsabilités».

