Des soins jusqu’à votre porte : le pari gagnant de SK No Limit

Sur sa moto, armée d’une bassine et de ses outils de travail, Salimata Sibiri Kaboré sillonne les rues de Ouagadougou pour prodiguer des soins de pédicure à domicile. Une démarche audacieuse née d’un moment difficile de sa vie.

« Je travaillais dans un salon de beauté, mais après l’arrêt de mon contrat, je me suis retrouvée sans emploi. J’étais profondément découragée. Sans moyen de transport, tout me semblait compliqué. J’ai passé deux jours enfermée chez moi, à ressasser ma situation », confie-t-elle.

C’est alors qu’une tante lui demande de venir lui laver les pieds. Malgré son état d’esprit morose, Salimata accepte. « Ma tante n’avait pas assez d’argent sur elle ce jour-là, mais j’ai utilisé mes derniers billets pour acheter le matériel nécessaire. Une fois sur place, une idée m’est venue : filmer le “avant-après” de mon travail pour le publier sur les réseaux sociaux. À ma grande surprise, la vidéo a suscité de nombreuses réactions positives. Le lendemain, j’ai reçu de nombreuses demandes de prestations. C’est ainsi que tout a commencé. »

Dans un pays ensoleillé comme le Burkina Faso, beaucoup préfèrent rester chez eux, d’autant plus que certains sont complexés par l’état de leurs pieds. Aller en institut peut donc être un frein. C’est en réponse à ce besoin que Salimata a décidé d’offrir ses services à domicile.

Elle démarre officiellement son activité en 2024. Du haut de ses 22 ans, elle parvient déjà à subvenir à ses besoins tout en soutenant sa famille. Ce qui n’était au départ qu’un moyen de survivre est vite devenu une véritable passion, au regard du bien-être qu’elle procure à ses clients.

Bien sûr, les débuts n’ont pas été faciles. Les jugements négatifs et les moqueries n’ont pas manqué. « Certains me contactaient pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le travail », déplore-t-elle. Elle évoque aussi les déplacements infructueux : « Parfois, une cliente te fait venir de Karpala à Kamboinsin. Tu arrives sous un soleil de plomb, après avoir consommé ton essence, et une fois sur place, elle ne décroche plus. »

Mais malgré tout, Salimata tient bon. Elle puise sa force et sa motivation dans l’amour qu’elle porte à sa mère, et continue de croire en son potentiel. Avec détermination, elle trace son chemin, sans jamais poser de limite à ses ambitions — fidèle à son surnom, “SK No Limit”.

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